De nouveau, l’Opéra de Rennes inscrit sa programmation chorégraphique dans la ligne du « Musée de la Danse » impulsé par Boris Charmatz depuis son arrivée en Bretagne l’an dernier. En totale complicité entre les deux institutions sont ainsi proposés deux rendez-vous qui sont comme des expositions temporaires ou des « accrochages » de ce Musée vivant dont l’ambition est de créer, selon les termes de Boris Charmatz, «un contact pratique, esthétique et spectaculaire » avec la danse.
Pour leur deuxième collaboration, le Musée de la Danse et l’Opéra de Rennes ont choisi d’exposer le travail de Jérôme Bel, artiste singulier qui, depuis plus de quinze ans, interroge la danse contemporaine en déjouant les attentes du public et en l’invitant à poser un autre regard sur l’espace de la représentation chorégraphique et ce qui s’y joue. Dans The Show must go on, Jérôme Bel dissèque les mécanismes du spectacle de masse en mettant en scène une
vingtaine d’interprètes, aussi ordinairement uniques et différents que le public assis en face. Un D.J. enchaîne les rengaines des dix ans qui ont précédé et qui soudain se répandent en effluves de souvenirs du côté des performers comme des spectateurs. Une expérience plus que troublante.
Avec Cédric Andrieux nous est livré un portrait qui est aussi un autoportrait, celui d’un danseur portant un regard rétrospectif sur sa carrière, d’abord à Brest puis au Conservatoire de Paris, ensuite en tant qu’interprète de Merce
Cunningham à New York, plus récemment au Ballet de Lyon. Un parcours vécu, sensible et passionnant.