Direction musicale Jérôme Corréas
Mise en scène Christophe Rauck
Dramaturgie Leslie Six
Scénographie Aurélie Thomas
Costumes Marion Legrand et Coralie Sanvoisin
Lumières Olivier Oudiou
Poppée Valérie Gabail
Néron Maryseult Wieczorek
Octavie / La Fortune Françoise Masset
Arnalta / La Nourrice Jean-François Lombard
Sénèque Vincent Pavesi
Othon Paulin Bündgen
Drusilla / La Vertu Dorothée Lorthiois
Orchestre Les Paladins
Coproduction TGP-CDN de Saint-Denis et Les Paladins, Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Île-de-France), Grand Théâtre de Reims, L’Apostrophe Scène Nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, avec le soutien de la Fondation Orange.
Avec Orfeo, il avait inventé l’opéra. Trente-cinq ans plus tard,en 1642, Claudio Monteverdi l’amène à son plein épanouissement en signant Le Couronnement de Poppée, premier grand chef-d’oeuvre d’un genre à peine sorti de l’adolescence. Plus d’un siècle avant Mozart, toute la force, tout le charme puissant de ce que sera un théâtre lyrique en pleine maturité rayonne dans cette apologie joyeusement cynique des raisons du coeur et de la politique.
Dès le prologue où s’affrontent les allégories de la Vertu, de la Fortune et de l’Amour, c’est bien entendu l’Amour qui va gagner la partie. Et puisque nous sommes à l’Opéra, les passions règnent ; elles gouvernent chacun des protagonistes.
Pourtant le ton est aussi comique grâce aux personnages travestis d’Arnalta et de la nourrice, noble et serein lorsque parle le philosophe Sénèque, tragique dans les monologues d’Octavie, pastoral et badin à d’autres moments. On a l’impression que le compositeur a voulu multiplier les humeurs et les sentiments pour mieux gagner le pari de les unifier.
Texte et musique font de tous les personnages des êtres de chair et de sang. Les frontières entre air, arioso et récitatif s’estompent pour que s’épanouisse un chant sans entraves, aussi proche de la parole parlée que du «beau chant». Un tour de force souligné par les instruments de l’orchestre, qui eux aussi se parent d’une infinité de couleurs et d’inflexions dans un discours
toujours fluide et naturel.