Direction musicale Jean-Luc Tingaud
Mise en scène Alain Garichot
Assisté de Cookie Chiapalone
Scénographie Denis Fruchaud
Costumes Claude Masson
Lumières Marc Delamézière
Choeur de l’Opéra de Rennes
(direction Gildas Pungier)
Orchestre de Bretagne
Pelléas Kevin Greenlaw
Mélisande Marie-Adeline Henry
Golaud Nigel Smith
Arkel Christophe Fel
Geneviève Sylvie Althaparro
Production de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie - Théâtre des Arts
Revoici donc Pelléas et Mélisande dans la production, signée Alain Garichot, que n’auront pas oubliée ceux qui l’ont découverte à l’Opéra de Rennes il y a dix ans. Le seul ouvrage achevé de Claude Debussy reste un objet musical sans exemple, un de ces diamants noirs comme l’histoire des arts n’en produit qu’à de très rares exemplaires. La mise en scène d’Alain Garichot est à l’unisson de cette sombre étrangeté : elle en révèle tous les arrière-plans et dessine en lumière blanche les personnages d’un drame hors du temps.
«J’ai essayé d’obéir, écrivait Debussy, à une loi de beauté qu’on semble oublier singulièrement lorsqu’il s’agit de musique dramatique ; les personnages de ce drame tâchent de chanter comme des personnes naturelles et non pas dans une langue arbitraire, faite de traditions surannées». Mais si la simplicité de la déclamation frappe en effet de prime abord dans Pelléas et Mélisande, parler de naturel peut sembler paradoxal. En donnant voix aux personnages du drame de Maeterlinck, Debussy les incarne mais il les désincarne aussi. Le monde de symboles qui les entoure agit mystérieusement sur eux par la grâce d’un orchestre aux sonorités toujours étranges et rêveuses. Mélisande, la jeune fille trouvée par Golaud dans la forêt et dont il a fait sa femme, restera à jamais énigmatique malgré sa candide fraîcheur. Enigmatique aussi, cette tristesse profonde qui imprègne le royaume d’Allemonde, et pèse sur les deux héros, semblant les prédestiner à la fin tragique qui les attend.