Opéra en un prologue et deux actes
Livret de Myfanwy Piper, d'après la nouvelle de Henry James - 1954
Ouvrage chanté en anglais
Direction musicale Tito Muñoz
Mise en scène et scénographie Dominique Pitoiset
Collaboration à la mise en scène Stephen Taylor
Costumes Nathalie Prats Berling
Lumières Christophe Pitoiset
Prologue / Peter Quint Paul Agnew
The Governess Marie-Adeline Henry-Delhoume
Mrs Grose Hanna Schaer
Miss Jessel Cécile Perrin
Miles, Flora Solistes de la Maîtrise de Bretagne
Orchestre de Bretagne
Production Opéra National de Bordeaux
Du roman terrifiant de Henry James, le compositeur anglais Benjamin Britten a tiré l'un de ses ouvrages lyriques les plus saisissants par son atmosphère, inquiétante à souhait, et par la fascinante ambiguïté des sentiments et des situations qu'il met en scène. Le fantastique, dit-on, naît d'une simple fêlure du réel, et c'est cette distorsion, d'abord imperceptible pour devenir bientôt suffocante, qu'a su faire vivre le compositeur au travers d'une écriture aussi savante que puissamment suggestive. Un frisson ininterrompu traverse de part en part son extraordinaire partition.
Le jeune Miles et sa soeur Flora sont-ils possédés par les âmes maudites de Miss Jessel, leur ancienne gouvernante, et du domestique Peter Quint, disparus tous deux dans des circonstances troublantes ? Où bien est-ce la nouvelle gouvernante qui croit saisir la présence de ces deux ombres et va donc décider de combattre leur influence ? Les fantômes ont beau prendre la parole et chanter, le doute demeurera.
L'atmosphère irréelle dans laquelle baignent les scènes nocturnes du Tour d'écrou autorise toutes les interprétations.
Face à une jeune préceptrice terrorisée et bouleversante de fragilité, le personnage de Peter Quint prend dans la pénombre un relief des plus troublants par sa cruauté insinuante et une perversité d'autant plus effrayante qu'elle s'exerce sur deux enfants dont Benjamin Britten a souhaité qu'ils soient incarnés par de très jeunes chanteurs. Dominique Pitoiset et Stephen Taylor suivent pas à pas la progression de cette action mortifère sans rien perdre des atmosphères qu'installe la musique de Benjamin Britten et donc le chef, Tito Muñoz, sculpte les sonorités avec la complicité d'un ensemble instrumental virtuose issu des rangs de l'Orchestre de Bretagne.