Direction musicale Claude Schnitzler
Solistes et Choeur
de l’Opéra de Rennes
(direction Gildas Pungier)
Orchestre de Bretagne
Silvia / Suor Angelica Maïra Kerey
Zanetto / La Zia Principessa Laura Brioli
À vingt ans de distance, Pietro Mascagni et Giacomo Puccini donnaient vie à deux touchantes héroïnes, la Silvia de Zanetto et la jeune Suor Angelica, victimes de leurs sentiments et de leurs illusions. Mais l’atmosphère de ces ouvrages n’est nullement vériste, pas même naturaliste. Au contraire, les voix et l’orchestre nous entraînent dans le rêve, un rêve à partager par l’écoute comme nous y invite cette version de concert dirigée par Claude Schnitzler.
Silvia, une femme encore jeune que la vie a déçue, rencontre Zanetto et s’éprend de lui ; mais elle laissera partir, sans lui avoir avoué ses sentiments, ce troubadour qui ne faisait que passer et que l’aventure attend ailleurs. Confiant le rôle masculin à un mezzo-soprano, Pietro Mascagni a tissé sur cette trame réduite à l’essentiel une partition sensible, émouvante, toute en sous-entendus.
Une même sensibilité traverse Suor Angelica, volet central du Triptyque de Giacomo Puccini, dont l’action se passe dans un couvent et qui ne fait appel, lui aussi, qu’à des voix féminines. Comme toujours, le compositeur entoure de tendresse son héroïne, jeune aristocrate qui expie sous le voile la faute d’un amour et d’un enfant illégitimes.
Du tableau de la vie monacale, simple et pastorale, à l’apothéose qui clôt l’ouvrage, quand Soeur Angélique part rejoindre au ciel son enfant disparu, Puccini déploie une palette de couleurs étonnante et nous fait intimement partager l’élan d’humanité, de foi et d’amour de la vie qui l’a porté vers son héroïne.