
L'Opéra de Rennes, ancien Théâtre de la Ville dessiné par Charles Millardet, inauguré le 29 février 1836, propose une vingtaine de soirées lyriques ouverte sur quatre siècles de répertoire, de Monteverdi à la création contemporaine. Des concerts et des spectacles de danse aux univers variés sont également proposés chaque saison. L'Opéra de Rennes porte aussi son action culturelle hors les murs à travers l’organisation de tournées à rayonnement régional et de concerts de découverte délocalisés dans les quartiers et communes environnantes.
L’Opéra de Rennes, pour la petite histoire…
Le 2 juin 1831, Philippe Jouin, alors Maire de Rennes, décide de construire un théâtre au cœur de la Ville. Dessiné par le jeune architecte Charles Millardet et bâti par Pierre Louise, l’entrepreneur, ce théâtre est inauguré le 29 février 1836 avec un concert du Cercle Musical au bénéfice des pauvres. La première soirée lyrique a lieu le lendemain, le 1er mars avec « Lestocq ou l’intrigue de l’amour », opéra-comique en 4 actes d’Auber. L’ouverture du théâtre crée l’effervescence auprès des rennais mais le nouveau lieu est loin de faire l’unanimité de part sa forme arrondie et son parterre situé au 1er étage... Pour la petite histoire, les fameuses 44 marches pour accéder au parterre ont fait la une des journaux !
Dans la nuit du 20 au 21 février 1856, un feu de cheminée mal éteint dans le Foyer Public provoque un incendie qui ravage la salle du théâtre. Cet incendie relança les polémiques sur la forme circulaire adoptée par Charles Millardet. Cinq jours après le sinistre, le poète Evariste Boulay-Paty part « au nom de tous les bretons » en guerre contre la forme convexe, qui, selon lui, « produit un effet si désagréable en face de l’Hôtel de Ville ». Il suggère de « lui substituer une élégante façade droites à colonnes ». Le Maire, Ange de Léon, n’a jamais, lui non plus, trouvé esthétique la rotonde du théâtre, qui pourtant s’harmonise avec la concavité de l’Hôtel de Ville. Celui-ci est surtout préoccupé par les problèmes de sécurité .
Il fut question de démolir le théâtre pour le reconstruire Contour de la Motte selon un plan montrant un bâtiment simple avec une entrée principale à l’ouest et une façade à arcades fermées. Mais en 20 ans les Rennais avaient noué des relations affectives avec leur théâtre : « Tous ceux qui blâmaient le théâtre de son vivant, l’admirèrent après sa crémation ».
Le Maire retira alors son projet mais plus par souci d’économie que par conviction et il fut décidé de rénover le théâtre selon les plans de Charles Millardet.
L’originalité du théâtre de Rennes est de s’intégrer dans un projet immobilier plus vaste, un véritable complexe comprenant des appartements (de chaque côté de la rotonde), une galerie faite de commerces (sous la salle de spectacle) et un café à l’extérieur du théâtre faisant le lien entre la place publique, la partie commerçante et culturelle.
A la veille de la Première Guerre Mondiale, l’Orchestre National trouve refuge dans la salle du théâtre. Rennes devient la capitale musicale de la France avec six à sept cents musiciens dans la ville.
Entre les deux guerres, l’activité est intense : 2460 représentations (1508 opérettes, 611 opéras et 341 opéras-comiques). Le public, pour partie populaire, est très satisfait et vient en tramway des faubourgs et en train de toute la région.
Début janvier 1958, le Théâtre de Rennes est en pleine crise : le nombre de spectateurs diminue tous les ans, son directeur menace de démissionner. Victor Janton, adjoint aux beaux-arts, part à la rencontre de Pierre Nougaro, chanteur d’exception et directeur du Théâtre de Besançon, pour lui donner conseil. Celui-ci accepte de prendre la relève du Théâtre de Rennes.
Le public rennais est ravi. La programmation est renouvelée : 16 grands galas lyriques par saison, 22 opérettes, une nouvelle création chaque année, de grands noms de l’Opéra de Paris viennent jouer à Rennes. Pierre Nougaro se retire en 1967, fier de ce constat : un taux de fréquentation accru et un public jeune plus important.
Les Rennais ont toujours appelé le bâtiment de Charles Millardet « Le Théâtre », seule salle de spectacle jusqu’en 1968, année de création de la Maison de la Culture, aujourd’hui devenue Le T.N.B – Centre Européen Théâtrale et Chorégraphique. Jusqu’en 1993, le Théâtre de la Ville accueille le lyrique : opéras, opérettes, concerts symphoniques mais aussi théâtre de boulevard.
En 1993, lorsque Daniel Bizeray prend la direction du théâtre, le Théâtre de la Ville prend une orientation uniquement musicale et devient « l’Opéra de Rennes ». Depuis 2005, la direction est assurée par Alain Surrans.
Aujourd’hui, l'Opéra de Rennes propose chaque saison une vingtaine de soirées lyriques au public de la capitale bretonne. Une programmation très ouverte sur quatre siècles de répertoire, de Monteverdi à la création contemporaine. La programmation est complétée par de nombreux concerts et plusieurs soirées de danse, dans une même diversité de répertoires.
Les concerts "Révisez vos classiques", qui proposent à un public peu familiarisé à l'art lyrique une découverte de l'opéra, sont eux aussi désormais présentés hors les murs aussi bien que sur la scène de l'Opéra. Ainsi, c'est bien au-delà de sa sphère naturelle de rayonnement, pourtant large, que l'Opéra de Rennes porte son action culturelle, associant de nombreux partenaires bretons et permettant des rencontres inédites entre artistes et publics.
L’Opéra de Rennes c’est une équipe de 34 permanents. Cet effectif se met à tripler lors de l’accueil de production lyrique où les choristes, les musiciens de l’Orchestre de Bretagne, les intermittents du spectacle (artistes et techniciens) viennent prêter main forte à l’équipe de l’Opéra.