Ressources - Aci Galatea e Polifemo
L'oeuvre
Aci, Galatea e Polifemo est une cantate profane composée en 1708 par Georg Friedrich Haendel et jouée pour la première fois à Naples en juillet 1708. Commandée par Donna Aurora Sanseverino pour le mariage du duc d’Alvito, Tolomeo Saverio Gallo avec la princesse d’Acaja.
Le livre est écrit en italien par Nicola Giuvo, secrétaire et conseiller littéraire de la duchesse de Sanseverino. La légende est celle d’Acis et Galatée, tirée des Métamorphoes d’Ovide. Elle raconte l’histoire d’amour de Galatée, une nymphe semi-divine, avec le berger Acis. Leur histoire est cependant empêchée par le Cyclope Polyphème, lui aussi amoureux de Galatée. Dans un excès de rage, il écrase Acis sous un rocher, laissant Galatée brisée et malheureuse. Inconsolable, elle demande aux Dieux de transformer le sang d'Acis en un fleuve.
Cette même légende a été utilisée par Jean-Baptiste Lully qui compose Acis et Galatée en 1686. Son oeuvre est une pastorale héroïque en trois actes, jouée à la cour pour la première fois devant le Grand Dauphin, le fils de Louis 14. Cette oeuvre connut un grand succès et fut représentée de nombreuses fois avant la Révolution.
Georg Friederich Haendel est un compositeur saxon né en 1685 à Halle-sur-Saale et décédé en 1759 à Westminster. Il montre très tôt un réel talent pour la musique, ce qui déplait fortement à son père qui souhaite le voir devenir juriste. Suite à l’entêtement de Georg Friedrich Haendel, son père finira par lui permettre de suivre des leçons d’orgue, de clavecin, de violon, de hautbois et apprend la composition auprès de Friedrich Wilhelm Zachow.
Il est considéré comme un grand nom de la musique baroque, aux côtés de Jean-Sébastien Bach, Antonio Vivaldi et Jean-Philippe Rameau. Haendel était un virtuose de l’orgue et du clavecin mais préféra se concentrer sur l’opéra italien à partir de ses 35 ans avant d’inventer et de promouvoir l’oratorio en anglais.
Dès son arrivée à Rome en 1707, Haendel fascine les élites romaines par son talent et devient le compositeur à la mode. Sa notoriété le fait voyager jusqu’à Naples où il crée Aci, Galatea e Polifemo, son oeuvre la plus connue et la plus jouée. Il crée cet opéra en le destinant à être joué en privé, pour l’amusement. Cependant, son grand succès a poussé le compositeur à le retravailler et à le réorchestrer plusieurs fois. Sa version est plus sombre que celle de Lully car le jeune berger est violemment tué par le Cyclope
Acis et Galatée à travers l'art
Ce mythe a inspiré bon nombre d'artistes.
Acis et Galatée, Nicolas Poussin, National Gallery Dublin, entre 1627 et 1628
Poussin utilise ici le principe du linéaire, caractéristique du baroque, ce qui consiste à utiliser des lignes droites pour créer une impression de stabilité et d'équilibre dans la peinture. Il utilise une palette de couleurs vives et profondes pour renforcer l'effet dramatique et émotionnel de la scène. Ce tableau est imprégné des esthétiques classique et de l'Antiquité grecque: la beauté idéale et la lutte entre amour et destin.
Aci et Galatée se dérobant au regard de Polyphème, François Perrier, 1647/1650
Il s'inspire de la scène des Métamorphoses d'Ovide dans laquelle polyphème déclare son amour à Galatée qui tente de se cacher avec Acis. Il dit : « Ô Galatée, tu es plus blanche qu’un beau lys, plus fraîche que les fleurs de la prairie, plus élancée que l’aulne, plus brillante que le cristal, plus folâtre qu’un jeune chevreau, plus polie que le coquillage lentement usé par la vague, plus agréable que les rayons du soleil en hiver, et que l’ombre en été… » (Métamorphoses, livre XIII).
Acis et Galatée se cachant de Polyphème, Edouard Zier, 1877
Polyphème jette un rocher sur Acis, détail de la fresque "Histoire d'Acis, Galatée et Polyphème" d'Annibale Carracci (1597 -1600)
La Fontaine Médicis se trouve dans le Jardin du Luxembourg à Paris. Elle a d'abord été commandée par Marie de Médicis en 1630 et a depuis été transformée en cette oeuvre intitulée Polyphème surprenant Galatée dans les bras d'Acis, par Auguste Ottin.
Vocabulaire
Cantante profane : sorte de petit opéra dans lequel la musique joue un rôle d’autant plus important qu’il n’y a pas de décors pour situer l’intrigue. Le jeu scénique n’existe pas et la musique est la seule forme d’expression. C’est donc une oeuvre de musique pure.
Pastorale héroïque : une pièce lyrique destinée à la scène et au ballet, pratiquée en France aux 17e et au 18e siècles.
Oratorio : une oeuvre lyrique dramatique représentée sans mise en scène, ni costumes, ni décors. La partition est généralement composée pour voix solistes, choeur et orchestre.





