Ressources - La Fabuleuse histoire de l'Opéra-Comique
L'histoire
Le metteur en scène Léo Cohen-Paperman et l’auteur Émilien Diard-Detoeuf racontent en comédie musicale, en musique, en ariettes et en vaudeville, la fabuleuse histoire de la naissance de l’Opéra-Comique. Péripéties, rebondissements, airs lyriques emblématiques et aventures théâtrales sont au programme de ce spectacle populaire et festif. Les musiques sont issues de tout le répertoire de l’institution: de Dauvergne, à Grétry, en passant par Bizet, Offenbach et Delibes.
Leo Cohen-Paperman a été formé au Conservatoire National supérieur d’art dramatique de Paris. Il est le créateur de la compagnie des Animaux en Paradis et co-fonde en 2009 le festival du Nouveau Théâtre Populaire, inspiré du Théâtre National Populaire de Jean Vilar.
C’est au sein de ce théâtre qu’il met en scène des grands textes du répertoire qu’il fait jouer au tarif unique de cinq euros, comme par exemple Roméo et Juliette, Macbeth, Hamlet, Shakespeare, La Mort de Danton... Il écrit et met en scène ses propres textes avec des acteurs, tels que Le jour de gloire est arrivé ou Blanche-Neige. En 2019, il commence un projet pas comme les autres intitulé Huit rois : une série théâtrale sur les présidents de la 5e République à travers laquelle il interroge les figures contemporaines du pouvoir.
Leo Cohen-Paperman sur La Fabuleuse histoire de l’Opéra-Comique: « J’ai découvert, en travaillant avec Émilien sur les origines de l’Opéra-Comique, une histoire magnifique et pathétique, qui n’est pas sans rappeler la nôtre, c’est-à-dire la comédie de femmes et d’hommes qui, mus par un désir de changer quelque chose à l’histoire de leur art, par une quête inlassable du sublime, par une foi absolu dans la beauté, se retrouvent confrontés aux réalités les plus triviales: histoires d’argent et de sexe, jalousies de scène, bricolages de fortune... C’est cette comédie-là, épique et rythmée, que nous avons décidé de raconter. »
Émilien Diard-Detoeuf est un comédien, acteur et metteur en scène français qui participe à fonder le Nouveau Théâtre Populaire. Après des études en Hypokhâgne, en classes préparatoires scientifiques et en droit, il entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, dont il est diplômé en 2014.
Il fonde la compagnie « le Théâtre derrière le monde ». Il joue dans un grand nombre de pièces, notamment Le Misanthrope de Molière (2009), Le jour de gloire est arrivé de Léo Cohen-Paperman (2015) ou encore Alice au pays des merveilles, d’après Lewis Caroll par Claire Sermonne. Il est metteur en scène depuis 2013 sur pièces comme L’Eloge de la Folie d’après Erasme (2017) ou Notre Comédie humaine - Les belles illusions de la jeunesse d’après Balzac (2024).
Les deux artistes avaient donc déjà travaillé ensemble, en tant que comédien et metteur en scène, mais aussi en tant qu’auteurs (car ils ont co-écrit Génération Mitterrand en 2022).
Émilien Diard-Detoeuf sur La Fabuleuse histoire de l’Opéra-Comique : « Les inventeurs de l’Opéra-Comique ont voulu créer un théâtre qui leur ressemblait, en dépit des règles établies, avec autant d’idéalisme que de pragmatisme (...). L’Opéra-Comique est né dans la joie de la transgression, mêlant à une imagination débridée, un solide sens du commerce et une attention permanente au goût du public ».
Les sources d'inspiration de cette oeuvre
- Les comédies en vaudevilles de la première moitié du 18e (pièces qui reprenaient des airs connus populaires dont les paroles étaient réécrites),
- Les comédies mêlées d’ariettes de la deuxième moitié du 18e siècle (les paroles étaient mises en avant et la forme musicale était novatrice),
- Les extraits des titres les plus emblématiques de l’Opéra-Comique au 19e siècle (par exemple Carmen ou Les Contes d’Hoffmann).
Il est fondé en 1714 sous le règle de Louis 14. Avec la Comédie Française et l’Opéra de Paris, il constitue l’une des plus anciennes institutions théâtrales et musicales de France.
L’Opéra-Comique donnera son nom au genre représenté entre ses murs, mêlant morceaux chantés et scènes parlées. Le terme « comique » ne veut pas dire que l’on va nécessairement rire ou que la fin est heureuse : cela signifie surtout que les morceaux chantés sont intégrés aux scènes de théâtre parlées. Ainsi, ce genre peut aussi bien traiter de sujets fictifs, que merveilleux ou historiques.
Le genre de l’opéra-comique crée une rupture avec l’opéra (qui lui est entièrement chanté) car il est plus accessible et attire donc majoritairement des familles. Il fait partie des quatre genres principaux portés par les théâtres parisiens au début du 19e siècle, dérivant de la comédie-ballet et empruntant des airs à un large répertoire.
À l’époque de la fondation de l’Opéra-Comique, les deux grands théâtres qui dictent leur loi à Paris sont la Comédie Française et l’Académie Royale de musique. Cette dernière limitait l’usage du chant et de la musique dans les pièces programmées. Pourtant, cela n’a pas empêché une troupe de forains, menée par Catherine Baron et Gauthier de Saint-Edme, de contourner les règles pour mettre en scène leur spectacle.
La troupe obtient un privilège du roi et est alors autorisée à jouer des « représentations composées de musique, de danse, de machines, et de décoration » (Wikipédia, « Opéra-comique »). Le premier opéra-comique crée est Télémaque, à partir d’un livret de Le Sage et de Louis Fuzelier et une musique de Gillier. Il remporte un franc succès.
En 1762, l’Opéra-Comique obtient le statut de « théâtre royal » et présente ses premières à la Cour. Après la Révolution Française, pour limiter la compétition, Napoléon réduit le nombre de théâtres officiels et y inclut l’Opéra-Comique.
Cet Opéra a vu naître des classiques, notamment Carmen de Bizet qui a remporté un immense succès à l’international. Son histoire a été mouvementée, le bâtiment a notamment été deux fois victime d’incendies.
Aujourd’hui, l’Opéra-Comique a fondé sa propre Académie (depuis 2023), dans le but de promouvoir le genre de l’opéra-comique auprès de jeunes talents.
Carmen de Bizet
L'Opéra-Comique a vu naître de grands classiques, notamment Carmen, le plus célèbre.
Cette oeuvre est un opéra-comique en 4 actes créé par Georges Bizet sur un livre d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy. L'oeuvre est jouée pour la première fois en 1875 à l'Opéra-Comique et est commandée expressément par l'institution avec pour consigne "une petite chose facile et gaie, avec surtout une fin heureuse".
L'oeuvre se déroule à Séville, au début du 19e siècle, au sein d'une manufacture de tabac. Carmen, une bohémienne séduisante, est arrêtée pour s'être battue avec une camarade cigarière. Elle tente alors d'amadouer le brigadier Don José qui finit par la laisser s'échapper. Par amour pour elle, il perd son grade, est envoyé en prison - d'où il va déserter. Malgré ces preuves d'amour, Carmen se lasse et le rejette. On est donc bien loin de la fin heureuse commandée par l'Opéra-Comique !
Carmen a fait scandale à l'époque car le personnage de la bohémienne est jugé trop vulgaire, trop sulfureux et affranchi de toute morale. Malgré son mauvais démarrage, Carmen reste à l'affiche pour 48 représentations et deviendra l'opéra le plus joué au monde ! Le succès n'a donc pas été direct : il faudra attendre plusieurs années avant qu'il ne triomphe. Georges Bizet meurt d'un infarctus peu de temps après la composition de son opéra et ne connaîtra donc jamais le triomphe de son oeuvre. Aujourd'hui, les titres "L'Amour est un oiseau rebelote" ou "Avec la garde montante" ont fait le tour du monde et sont traduits dans de nombreuses langues.
Pelléas et Melissande de Debussy
Un autre chef d'oeuvre créé entre les murs de l'Opéra-Comique : Pelléas et Melissande. Cette oeuvre est une transposition du mythe de Tristan et Yseult, des amants pris au coeur d'un amour interdit. Melissande se perd dans la forêt lorsque Golaud, le petit-fils du roi Arkel, la découvre. Pelléas, le demi-frère de Golaud, et Melissande tombent follement amoureux, ce qui éveille la jalousie de Golaud qui vient d'épouser la jeune femme.
Le compositeur met 10 ans à composer cette oeuvre dont la première a lieu le 30 avril 1902 à l'Opéra-Comique. Pelléas et Melissande fut très mal reçu par le public déconcerté par cette musique singulière au rythme très lent. Au bout de quelques représentations, ce fut un triomphe qui permis à Debussy de mettre de côté ses soucis financiers.
Vocabulaire
Vaudeville : à l’origine, c’est une chanson populaire à thème satirique. Aujourd’hui, c’est un genre de comédie légère, divertissante, fertile en intrigues et rebondissements. (Dictionnaire Le Robert)
Ariette : air léger, de mélodie gracieuse, destiné à être chanté




