Ressources - Platée

L'histoire

La jalousie est un vilain défaut. En tous cas, c’est ce que pense Jupiter, qui se plaint à Mercure de la jalousie constante de son épouse Junon. Pour le calmer, Citheron lui propose un subterfuge: faire croire à Junon qu’il se marie à une autre femme, Platée. Cette nymphe laide et vieille se retrouve malgré elle au coeur d’un mariage qui la dépasse.

Composée par Rameau en 1745, Platée est une comédie lyrique à l’époque très novatrice. Il la compose dans le cadre du mariage, à Versailles, du Dauphin et de l’infante d’Espagne. Les festivités durent près d’un mois au cours duquel les spectacles se succèdent et Platée est présentée à la cour. Cette nymphe, aussi disgracieuse que détestable, représente tous les défauts méprisés à l’époque. Disgracieuse, sentimentale, prétentieuse, crédule, vieille: elle ne maitrise aucun code de la cour.

Titre
Le compositeur : Jean-Philippe Rameau
Contenus

Jean-Philippe Rameau est un compositeur français né en 1683 à Dijon et décédé en 1764 à Paris. Il est le dernier héritier de la tragédie lyrique de Lully et tente de maintenir ce genre à flot à une époque où le public préfère des divertissements plus légers et moins conventionnels, notamment les oeuvres italiennes. Ainsi, en défendant la musique et le classicisme français ainsi que la tragédie lyrique, Rameau s’oppose aux partisans de la musique italienne comme Rousseau.

En effet, après la mort de Louis 14 et avec l’émergence de la pensée des Lumières, la vie culturelle connait un renouveau à mesure que les moeurs s’assouplissent. Pourtant, lui-même va s’éloigner du genre en créant Platée, une comédie lyrique. Dans le prologue de l’oeuvre, il explique que la comédie permet, à travers le rire, de corriger les défauts des humains.

L'oeuvre

ACTE 1

Junon, fâché contre Jupiter, brûle de jalousie. Mercure cherche le moyen de réconcilier le couple divin et de calmer la colère de Junon. Cithéron propose alors d’organiser un faux mariage à Jupiter, aux dépends de la naïade Platée, nymphe batracienne orgueilleuse, persuadée de pouvoir séduire tous les coeurs. Mercure apparaît, lui annonçant que Jupiter va paraître pour lui déclarer sa flamme.

ACTE 2

Jupiter descend des cieux, prenant d’abord l’apparence d’un âne puis celle d’un hibou. D’abord effrayée, Platée est bientôt submergée par la joie lorsque celui-ci se montre finalement sous sa forme véritable. Le mariage est alors annoncé.

ACTE 3

Junon est informée de cette union imminente et entre dans une colère terrible. Elle surgit alors au beau milieu de la cérémonie nuptiale, se jette sur Platée et arrache son voile. Voyant la laideur de Platée, elle comprend que tout ceci n’était qu’un stratagème. Elle consent alors à se réconcilier avec Jupiter et tous deux regagnent l’Olympe. La pauvre Platée, laissée seule, humiliée et en proie aux moqueries, décide alors de revenir dans son marais.

L'évolution du personnage de Platée

Dans l’histoire d’origine, Platée est une sculpture que Jupiter fait défiler dans la ville, censée représenter la future femme du dieu. En 1740, Jacques Autreau écrit Platée ou Junon jalouse et personnifie le personnage de Platée qui devient une nymphe vieille, laide et ridicule régnant sur des grenouilles. Rameau décide de lui racheter les droits de son texte qu’il confie à Adrien-Joseph le Valois d’Orville afin d’y apporter certaines modifications.

Ce dernier accentue alors le personnage de Platée qui se croit irrésistible et dont tout le monde se moque sans qu’elle ne s’en rende compte: « Version grotesque des héroïnes tragiques et des naïades sensuelles qu’on trouve habituellement dans l’opéra baroque, elle n’évolue pas dans des flots cristallins mais dans un « grand Marais » peuplé de grenouilles, au sein d’un « sombre vallon ». (Élise Guignard, Cadences, l’actualité des concerts et de l’opéra).

Ce n’est pas de sa laideur dont on se moque mais de son manque de manières. Pour représenter le personnage de Platée, Rameau choisi un ténor travesti, ce qui ne fait qu’accentuer le ridicule du personnage. Les interventions de cette dernière sont souvent ponctuées par des assonances en « oi », imitant les bruits de la grenouille.

Cette farce musicale est relativement mal reçue par la Cour et y sera jouée une unique fois. Elle sera reprise en 1749 pour une vingtaine de représentations à l’Académie royale de Musique dont les retours seront déjà plus enthousiastes.  Il faudra attendre 1754 pour que cette oeuvre soit reconnue comme une réussite, synthèse parfaite de plusieurs genres lyriques: tragédie en musique, opéra-ballet et théâtre de foire.

Contenus
Titre
Les metteurs en scène
Contenus

Couple d’artistes fusionnel, Yvan Clédat et Coco Petitpierre se sont rencontrés en 1986. Les deux artistes signent leur première oeuvre commune en 2000 et développent un univers onirique et métaphorique, ancré dans l’art plastique, chorégraphique et le théâtre visuel. Sculpteurs, performers et chorégraphes, ils interrogent tour à tour l’espace de la scène et celui de l’exposition au travers d’œuvres protéiformes. Ces dernières sont indifféremment présentées dans des théâtres, des centres d’arts, des musées, ou des festivals, en France et dans une quinzaine de pays.

Le ballet bouffon

Genre satyrique qui utilise des éléments de comédie musicale dans le but de divertir et de remettre en question les normes établies de l’aristocratie et du baroque.

Le ballet bouffon puise ses origines dans la cour de Louis 14, à une époque où le divertissement royal n’avait aucune limite. Louis 14, passionné de danse, encourageait le développement de ballets à la cour. Cela a permis à des artistes comme Lully et Molière de travailler ensemble sur des spectacles mêlant costumes extravagants, intrigues comiques et musiques baroques.

Les personnages sont grotesques, les récits parodiques et légers, les situations cocasses, les chorégraphies et dialogues piquants se succèdent. Cet art a participé à démocratiser l’art de la danse à la cour, mêlant musique et danse, y apportant une dimension sociale (jusque là peu explorée dans les expressions artistiques de l’époque). La danse est alors mise au service du texte, permettant d’amplifier l’humour des situations, de caricaturer les mouvements.

Titre
Les dieux romains
Contenus

Jupiter

Dieu romain assimilé au dieu grec Zeus, il gouverne la terre, le ciel et tous les êtres vivants. Il est donc le maître de tous les dieux et est souvent représenté armé de la foudre. Si Zeus est Jupiter sont d'abord nettement distingués, leurs représentations se superposent et se confondent progressivement. Les mythes qui lui sont associés sont donc principalement des transpositions des mythes de Zeus

Contenus

Junon

Déesse romaine assimilée à la déesse grecque Héra. C'est la déesse la plus importante de la mythologie romaine car elle est considérée comme la reine des dieux, épouse de Jupiter. Elle est à la fois la soeur et l'épouse de Jupiter. Elle protège les femmes, le mariage, la fécondité. Le mois de juin a d'ailleurs été nommé ainsi en son honneur par les Romains.

Les mythologies grecque et romaine

Comme le montre la superposition des différents dieux, les mythes grecs et romains ont des racines similaires. Les mythes grecs ont émergé pendant l'époque mycénienne quand les mythes romains ont émergé plus tard, vers le 8e siècle av. J-C. Bien que les mythes romains soient inspirés des mythes grecs, ils sont souvent moins tournés vers les interactions émotionnelles, les relations entre les dieux, les aventures épiques, mais plutôt sur le devoir civique, la centralité de la moralité, de l'histoire et de la politique.

On appelle mythologie greco-romaine la fusion de ces deux formes de mythologie. Les mythes grecs étaient surtout retranscrits à l'oral alors que, pendant tout le Moyen-Âge et la Renaissance, les retranscriptions des mythes se faisaient en latin, langue dominante.

Pour aller plus loin

Extraits de l'opéra national de Paris mis en scène par Laurent Pelly : https://www.youtube.com/watch?v=aZ4xbybYoss

https://www.youtube.com/watch?v=sDO6q0VCoDM

Analyse et histoire de Platée